J comme Jouer

Jouer

“Alors on joue/ Je me disais/ Peut-être/ On avait joué avant/ Est-ce qu’on a déjà fini ?

C’était comme un rêve/ Dans lequel on découvrait/ Les différents aspects de soi-même/ Mais on n’était jamais sûrs/ D’être vraiment là/ Peut-être que nos cerveaux/ Nous avaient juste taquinés ?

On tombait/ Et on tombait encore/ Nos propres corps intacts/ Et les cœurs blessés/ On joue encore.”

“J’ai oublié comment c’est de jouer, ça fait longtemps que je ne joue plus. En 2055, il n’y a plus d’enfants sur terre. L’humanité est devenue infertile. Les gens ont perdu espoir, la tristesse est partout, les visages sont gris. Il y a un seul enfant, il a 7 ans, il est Japonais (…) Les scientifiques regardent à travers une vitre comment l’enfant joue avec une petite boîte, il a choisi une petite couleur pour se représenter dans son jeu. La couleur qu’il a choisie, c’est le vert. Il parle seul, il change sa voix pour avoir l’air d’un adulte. Il a détruit la boîte avec la couleur, il a commencé à crayonner toute la salle avec des plantes.”

“A plusieurs, seul, le matin, la journée, fatigué ou pas. Je me transporte loin, trop loin, sans connaître mon destin ni savoir combien de temps je vais prendre. Qu’importe l’endroit où je suis, je peux disparaître sans que personne ne le sache. Jusqu’à ce que je trouve quelqu’un ou, mieux : jusqu’à ce que je sois trouvé par quelqu’un. C’est mon moment préféré. Je peux oublier mes problèmes et mes préoccupations. J’ai le pouvoir de décider de mon destin (…) La seule chose qui importe, c’est le chemin et le plaisir que j’ai à le découvrir.”

“Quand j’étais petit, je passais mon temps dans les rues à jouer avec des amis. Ça me rend nostalgique, parce que je ne sais plus rien d’eux. Mais c’était de bons moments, nous étions plus spontanés. Nous avions l’habitude d’inventer des jeux stupides comme se jeter des ballons d’eau, rejouer des scènes de dessins animés ou de films. J’ai toujours été le méchant, pour une raison que j’ignore, Dracula ou ce genre de choses. C’est drôle d’y penser avec une perspective adulte, mais ça me manque. Peut-être qu’un jour, nous allons nous réunir et revivre ces moments.”

Textes de : Maral, Cristobal, Daniel et Omar.